Premier bébé – Zozo (surnom)
Récit de Alie
Nous sommes un couple : Alie et David, nous vivons en Dordogne depuis 4 ans !
Le 19 août restera gravé dans notre mémoire comme l’un des jours les plus intenses et les plus beaux de notre vie : le jour où j’ai donné naissance à mon premier enfant, Zozo, à la maison… et en moins de quatre heures.
1. Le contexte : l’attente interminable
Pour vous situer, j’étais à 41+4, sous menace de déclenchement imminent à 41+6.
Depuis le début, j’avais un projet d’accouchement accompagné à domicile avec ma sage-femme, Marianne. On a même prévu la présence de notre photographe, Caroline.
On s’est préparé longtemps pour mener ce projet à bien donc autant vous dire que l’idée d’un déclenchement à l’hôpital me déprimait au plus haut point.
Deux jours avant, Marianne m’a fait un décollement des membranes, et chaque journée me paraissait interminable.
Le 19 août, je me réveille à 3h30 du matin, encore désespérée : pas une contraction de travail en vue. Dans mon désespoir, je décide de faire des sprints et de courir dans mon salon (Spoiler : ça n’a rien déclenché, à part faire sortir un peu de bouchon muqueux.) Ensuite, vers 7h, je pars marcher deux heures sur la voie verte. J’ai pleuré tout du long, comme si je devais faire le deuil de mon projet d’accouchement. À la fin, je n’avais plus une larme. Je me suis dit : “Si ça finit en déclenchement, tant pis. L’essentiel, c’est que Zozo aille bien.” Un premier déclic.
Puis un deuxième : la canicule venait enfin de tomber, on passait de 40° à 25°. Un soulagement.
Et un troisième déclic, encore plus précieux : lors de mon rendez-vous à la maternité à 14h, tout allait parfaitement bien pour bébé. La sage-femme de l’hôpital m’autorise à attendre jusqu’à 42 SA. Autrement dit, j’avais 24h de plus pour que Zozo se décide. Rien que ça, ça m’a redonné le moral.
2. L’après-midi chaotique
Je rentre chez moi, je pars chercher de l’homéopathie prescrite à l’hôpital (alors que je n’y crois pas vraiment, mais au point où j’en étais…). Résultat : 25 minutes de route, des embouteillages, et surtout au moment du retour, une diarrhée carabinée qui m’envoie cinq fois aux toilettes. Aucune contraction à l’horizon, juste moi en train de râler à David : “J’en peux plus de chier, j’ai mal au trou de balle !” Glamour, toujours.
À 19h01, enfin, une première contraction. Je suis surprise par son intensité, mais sans trop m’emballer. On sait tous que pour un premier accouchement, ça prend des heures, n’est-ce pas ? Sauf que… les contractions s’enchaînent très vite. En une heure, j’en ai quinze, déjà bien costaudes. J’avertis Marianne : « contractions intenses depuis 40minutes, on se reparle au coucher », elle m’encourage puis la photographe est prévenue aussi… mais on reste tous persuadés que ce sera pour le lendemain.
J’essaie de faire des cookies pour m’occuper, projet abandonné en deux contractions. Impossible de me concentrer.
20h30, elles sont toutes les 3-4 minutes. Je ne peux plus parler pendant les contractions. David joue à la console mais se prépare à dormir un peu (il se dit qu’il doit dormir pour être en forme pour “demain”), mais à 21h je l’appelle à la rescousse : “Arrête de jouer, viens m’aider !”. Il me rejoint pour me faire des pressions dans le dos, soutenir mon poids pendant les contractions…
3. La douche, la transe et… la surprise
A 21h30, je n’en peux plus, je file sous la douche pour mieux gérer. L’intensité monte à un 7 voire 8 sur 10.
De 21h30 à 22h30, je gère mes contractions dans la douche. Jet d’eau chaude sur le bas du dos, yeux fermés, je vocalise grave pour tenir : “mmmmmm”. C’est comme si je rentrais en transe, je n’ouvre plus les yeux.
David s’affaire à remplir la piscine d’accouchement, elle ne servira jamais. Il prévient Marianne que j’ai très mal, elle nous invite à essayer de dormir mais impossible.
J’ai mal, très mal, mais je me répète : “Tiens trente secondes. Trente secondes, tu peux. On a déjà fait 3h, on peut en faire 3 de plus. »
Mais je suis très inquiète, j’ai peur de ne pas tenir jusqu’au lendemain avec des contractions si douloureuses et que mon projet tombe à l’eau si j’ai besoin d’une péridurale.
22h30, il n’y a plus d’eau chaude, je ne supporte pas l’eau froide.
Quand je sors de la douche, short et brassière enfilés, je m’appuie sur le lit… et là, une contraction différente. Une sensation de poussée, je pense rêver. Une autre arrive et là, ça pousse très fort, c’est incontrôlable.
Je hurle à David d’appeler Marianne. Lui pense que c’est trop tôt, elle avait dit que ça prendrait plus longtemps. David pense que j’ai juste trop mal et qu’il me faudra la péri. Moi, je sais : ça pousse vraiment.
J’insiste et il l’appelle : « Elle a très mal, elle a besoin de toi » et Marianne se met en route.
À chaque contraction, mon corps pousse tout seul. Je mets la main et je sens des membranes, prochaine contraction, c’est la poche des eaux. Je me rends compte que bébé va arriver très vite. Très lucide, je dis à David de poser des serpillières et serviettes au sol.
À la poussée suivante, la poche éclate avec un pop. Peu de liquide sort, et dans ma tête paniquée, je suis convaincue que c’est mon périnée qui vient d’exploser.
4. La tête… puis le bébé
Tout s’accélère. Nouvelle poussée : je sens la tête descendre. David voit les cheveux : « On voit ses cheveux !! ». Mais Marianne n’est pas encore là ! On reste calme, elle nous avait dit comment gérer si ça arrivait.
J’ai le fameux cercle de feu, oui, ça brûle mais je tiens jusque la prochaine contraction sans pousser. Je me mets accroupie, proche du sol, persuadée que je ne pourrai pas attraper mon bébé seule.
Et pile à ce moment, Marianne arrive. David la prévient à la porte : “La tête est déjà là.” Elle, incrédule : “La tête ? La tête est là ?!” et elle fonce pour me rejoindre dans la chambre. Dans la foulée, Zozo glisse littéralement hors de moi, accompagné du reste des eaux. Il atterrit en douceur au sol, avec un petit tour de cordon autour du cou, que je défais aussitôt, instinctivement, avant de le prendre dans mes bras. Il hurle, il est beau comme tout.
22h49. Trois heures et quarante-huit minutes après ma première contraction.
5. L’après
Zozo pleure, il va bien. Je suis choquée, mais je vais bien, avec mon bébé contre moi. Je me rends rapidement compte que je me sens super bien, et surtout ravie d’y être arrivée.
Caroline arrive, 4 minutes après la naissance et nous réalise des photos merveilleuses.
Marianne vérifie : mon périnée est intact. Le placenta sort en vingt minutes. Une heure après, je prends une douche debout pendant le peau à peau père-fils.
Tout se passe à merveille.
Zozo pèse 3,280 kg, tète déjà, et moi, je vais parfaitement bien. On s’installe dans notre lit, avec notre chat chez nous, exactement comme je l’avais rêvé.
Ce récit est l’histoire qu’Alie a bien voulu me partager, rédigée de ses mots.
Merci Alie pour ta confiance !
Envie de partager ton histoire auprès des autres femmes et mères de Dordogne ?
Contacte-moi directement par mail : studio.rosa.photo@gmail.com
Crédits photo : reportage de Caroline Audebert
